Présentation

Philippe Raybaudi est sociologue et expert en sécurité des systèmes d'information.

Né le 6 mai 1960 à Taher (Constantine – Algérie période française), il est un des initiateurs et porte-parole du mouvement citoyen du Collectif du Chambon fondé le 13 mai 2015. Sa « Lettre ouverte au Gouvernement » du 15 mai 2015 fut le début d'un mouvement de soutien populaire et d'une prise de conscience qu'il se passait quelque chose de grave au cœur des Alpes françaises.

Il est également le fondateur (1999) du club Internet Freneytique (Freney d'Oisans)

Spécialiste en investigation numérique, il affectionne plus particulièrement les problématiques du détournement d'usage dans le secteur industriel et les mondes virtuels.

Depuis le début des années 80, il travaille sur l'interfaçage analogique-numérique et les interactions homme-machine et s'intéresse plus particulièrement aujourd'hui à l'étude sociologique des groupes d'utilisateurs dans des environnements numériques.

 

Études et carrière professionnelle

De formation ingénieur généraliste et universitaire, Philippe Raybaudi débuta en 1981 par l'ouverture du premier laboratoire français indépendant en technologies biomédicales (Troyes en Champagne) primé par une bourse à la création d'entreprise et salué à la première édition des Journées d'ingénierie biomédicales de Bâle (Suisse). Il dirigera cette start-up pendant dix années avant de s'engager dans l'action humanitaire et le journalisme.

Ces nouvelles activités lui donneront l'occasion de collaborer avec l'agence Sipa-Press (Paris) ou le quotidien l'Est-Eclair (Troyes) et de nombreux médias en France et à l'international (Europe de l'Est, Afrique, Asie)

De retour de Roumanie, où il a enseigné (1992-1995) à l'École Polytechnique de Bucarest et à la Faculté des Arts Visuel Ioann Andrescu de Cluj-Napoca (Transylvanie), il retournera user ses fonds de culottes sur les bancs de l'université et obtiendra une maîtrise en Sciences de la Communication (Univ. Stendhal de Grenoble - 1998) et un DESS en Sociologie (Univ. Lyon Lumière 2 - 2002) tout en occupant un poste de responsable des réseaux informatiques et de la communication à la société des remontées mécaniques de la station des 2 Alpes (DAL, 1997-2001)

Depuis 2001, il exerce en tant que spécialiste en investigation numérique et donne des conférences ou enseigne en milieu hospitalier et universitaire (ou pour des entreprises ou administrations) les méthodes de sécurisation des réseaux de communication et de cyberdéfense dans le contexte actuel de menaces terroristes et de criminalité numérique.

En parallèle de ses activités professionnelles, ses travaux de recherche et d'investigation s'inscrivent dans le domaine des NTIC et du cyberespace, dans une perspective pluridisciplinaire d'analyse du détournement d'usage et de développement (ou d'amélioration) d'outils, de procédures et de moyens de lutte contre la cybercriminalité.

 

Action associative et militantisme

Il passe son enfance dans le département de l'Aube (village de Cunfin puis ville de Troyes) où il mènera de front sa scolarité et sa formation pour ses deux passions que sont l'électronique et la photographie. Il se formera ainsi tout spécialement aux techniques audiovisuelles en vogue dans les années 70/80 (diaporama, cinéma, montage et prise de son, reportage photographique et vidéo)

Dès l'âge de 12 ans, il fut initié par son père, Joseph Raybaudi, (instituteur et Conseiller technique et pédagogique en audiovisuel) à l'animation sociale et culturelle dans la lignée du courant de pensée de l'Éducation populaire. Il intégrera ensuite rapidement l'équipe pédagogique du CAFAL (Centre Aubois de Formation aux Activités de Loisirs), dont il fut un des vice-présidents, et participera à de nombreuses formations dans les « Arts du feu » et dans le domaine de l'audiovisuel ou celui des sciences humaines.

À 19 ans, il est déjà en capacité d'animer régulièrement des formations auprès d'un public de cadres supérieurs de la Fonction publique dans le secteur de la santé ou pour le CFPC de Troyes et la DRJSL de Reims (Champagne-Ardennes)

En 1992, il obtiendra le titre de Maître artisan en électronique.

Sa soif continuelle d'apprendre et ses compétences techniques et pédagogiques sont un leitmotiv permanent à la défense d'une plus large et plus grande diffusion du « savoir » sous toutes ses formes. Il n'a eu de cesse de consacrer les deux tiers de son temps à l'enseignement et à la formation continue et il défend l'idée d'une éducation laïque et universelle tout au long de la vie, signe d'une volonté de tirer les individus « par le haut » tout en défendant une politique éducative basée sur l'excellence et sur son combat perpétuel contre l'obscurantisme, l'esclavagisme et les extrémismes de tout bord.

Fin 1989, à la chute du mur de Berlin et du dictateur Nicolae Ceausescu, il se rend début 1990 en Roumanie où il accompagne, en tant que logisticien, une première mission humanitaire en Transylvanie roumaine. Ce sera là un choc qui va définitivement marquer un tournant dans son engagement associatif et dans sa rupture politique et professionnelle avec un passé formaté par son éducation et une enfance paisible dans un cadre familial protecteur. De missions humanitaires en actions de formation (tant en France qu'à l'étranger) il s'engagera, pendant la Guerre en ex-Yougoslavie dans la protection et la défense des droits des réfugiés politiques bosniaques et leur accueil en France ; membre fondateur et actif de l'association Mozaïc, il sera reçu à l'UNESCO et par le Président Alija Izetbegovic et se rendra plusieurs fois en Bosnie Herzégovine et en Croatie pendant le conflit (1991-2001).

Depuis 2003, il est un des administrateurs de l'organisation humanitaire AMD (Aide Médicale et Développement) de Grenoble qui œuvre dans le monde contre la malnutrition, un meilleur accès à l'eau potable et au combat contre la mortalité maternelle et infantile. Ses multiples séjours dans des contrées éloignées du globe (souvent en grandes difficultés sociales, politiques et économiques) ont forgé sa perception de l'Humain et du devoir de solidarité que l'on doit à tout individu quelles que soient ses convictions, son histoire de vie ou son appartenance philosophique ou religieuse ; « le sens de l'hospitalité, le partage, l'entraide et l'amour des autres doivent rester la base des relations humaines et internationales même s'il est indispensable de garder à l'esprit, avec réalisme, les problématiques migratoires et la menace terroriste ».

Concernant le Massif de l'Oisans et la Haute Romanche (territoire où il est venu s'installer en 1995 et qu'il fréquentait depuis 1967) il milite pour une vision plus pragmatique et une réelle prise de conscience publique d'une stratégie au long cours dans le déploiement d'infrastructures de communication numériques lourdes afin de s'affranchir définitivement de toutes ces zones blanches et grises qui subordonnent l'anémie économique des territoires éloignés des grands centres urbains.

En 2004, il fut cofondateur du Collectif ALPBEAR qui devait être le fer de lance du déploiement des réseaux citoyens WIFI alternatifs en Oisans. Le manque d'engagement de certains élus (pourtant partie prenante de ce mouvement) et le lobbying de France-Télécom ont rapidement fait capoter un projet qui en était pourtant arrivé au terme des essais techniques concluants sur le terrain. L'action aura tout de même permis l'arrivée plus rapide de l'ADSL dans certains secteurs de la région. Il souhaite donc une large prise de conscience de cette fragilité qui consiste à « faire l'autruche » et à ne pas se donner les moyens pour sortir de cette quasi mono-économie touristique indispensable à la survie de ce territoire (qui serpente de la plaine à la haute montagne le long de cette fameuse RD1091 - ex. N91 - entre Vizille et Briançon) mais largement insuffisante dans un contexte de mondialisation des échanges et de volonté de désenclavement de ces vallées alpines.

Sa vision du développement durable de ce territoire s'assied sur le constat affligeant qu'au Bangladesh (un des pays les plus pauvres au monde, dans lequel il a participé à trois missions humanitaires et éducatives), la couverture des infrastructures en téléphonie mobile (et Internet via réseaux mobiles) est plus développée que dans le Massif de l'Oisans et les vallées de la Romanche et de la Guisane. Il souhaite que les pouvoirs publics, à l'appui de véritables enquêtes de terrain sur les besoins des populations et des entrepreneurs, puissent travailler objectivement pour les générations futures tant en termes de réseaux de communication numérique que d'accès routiers disposant d'infrastructures en relation avec les réalités des flux d'aujourd'hui et de ceux de demain.

Depuis le 10 mars 2015 et la fermeture totale de la RD1091 (ex N91) il s'est engagé aux côtés de la population locale (vivant aux portes du Parc national des Écrins – Massif de l'Oisans) dans une vaste campagne de sensibilisation à l'enclavement catastrophique des vallées de la Haute Romanche et de la Guisane à la suite de l'effondrement (pourtant attendu depuis plusieurs dizaines d'années) du Grand Tunnel du Chambon. Cette catastrophe prévisible provoque la plus importante crise économique et humaine de ce territoire depuis plus d'un siècle ! C'est probablement le manque de prise de conscience (de certains élus et des pouvoirs publics) de cet inévitable événement et de ce qui aurait dû être fait, ces quarante dernières années, (pour empêcher cette situation déplorable) qui ont engendré l'élan populaire spontané de l'émergence du Collectif du Chambon. Ce mouvement (qui se veut pacifique, autonome, apolitique et volontaire) s'inscrit dans une démarche de « démocratie participative » et du principe assumé et revendicatif de « désobéissance civile » à un pouvoir décentralisé manquant d'équité et contraire aux principes de base d'une justice et d'un engagement de la puissance publique identiques pour tous les citoyens où qu'ils puissent habiter sur le territoire national.

Posted by Olga Stepanovna